Partie 2/7 : Kǎoyàn — 考验 (Épreuve)71Please respect copyright.PENANAyqOZK08QqS
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Après la soirée d’anniversaire, la vie reprit son cours au sein de l’équipe B.
La quatrième et dernière semaine d’épreuves avait commencé et une tension était palpable dans les couloirs du cinquième étage.
Tous les sélectionnés étaient conscients qu’ils arrivaient sur la fin, et ils redoublèrent d’effort pour être certains de donner le meilleur d’eux-mêmes, que ce soit pour l’épreuve groupale, ou individuelle.
Le jury allait décider lesquels, sur les vingt, auraient suffisamment évolué et se seraient démarqués, pour avoir la chance d’intégrer le Training Camp, une formation intensive de huit mois.
Certains stagiaires essayaient cependant de ne pas se perdre dans les attentes et les règles strictes des différents intervenants.
Un après-midi, Ryosuke avait décidé de se mettre au piano, dans la Creative Room du premier étage.
Après les trois semaines de travail de groupe, il avait grand besoin de trouver des moments pour lui et tenter de reconstruire une bulle d’expression personnelle.
William, qui passait devant la salle en allant à la salle de danse, s’arrêta lorsqu’il entendit la mélodie qui s’échappait faiblement de la pièce.
Il resta un moment immobile puis s’adossa au mur, les yeux fermés, pour tenter de ressentir au mieux le son du piano, partageant un moment la bulle de son aîné.
Depuis trois semaines, il avait l’impression qu’une partie de lui-même était en train de s’estomper et que d’autres cherchaient à émerger, parfois douloureusement.
Se remémorant avec peine ses différentes interactions, il cherchait laborieusement à mettre du sens dans les émotions ressenties.
L’image de deux yeux noirs pétillants s’imposa à lui.
Il la chassa, comme il avait prit l’habitude de le faire depuis quelques temps.
Mais des fragments embrumés de la soirée d’anniversaire lui avaient laissé une sensation d’inachevé ou de regret, difficile à éloigner.
Cherchant à se concentrer sur la musique, les souvenirs de son adolescence commencèrent à remonter.
Une nostalgie teintée de mélancolie s’immisça dans son corps tandis qu’il se vit plus jeune, en train de s’élancer dans la salle de danse de la demeure familiale.
William lâcha un soupir, et chercha à se remémorer ce qu’il ressentait alors.
Cette salle était son refuge dès qu’il avait un peu de temps libre.
Il dansait jusqu’à en perdre haleine, se débarrassant de toutes les lourdeurs, blessures et frustrations qui s’accumulaient dans sa vie à cette époque.
Alors, tandis qu’il exprimait par le corps toutes les émotions qu’il ne pouvait pas mettre en mot, il se sentait enfin libre.
Mais cela ne durait jamais.
Les attentes et la pression maternelles finissaient toujours par ternir ce sentiment de liberté.
Il retint sa respiration, prenant alors conscience d’une chose inquiétante.
Passée l’excitation de la rencontre avec les membres de l’équipe B, William sentait qu’il commençait à se sentir à nouveau enfermé dans une vie qu’il n’avait pas profondément choisie.
Il avait beau aimer faire partie du groupe, apprécier ses camarades et la créativité de l’équipe, une idée étrange était en train de prendre forme dans son esprit.
N’était-il pas ici par… facilité ?
Après tout, s’il ne dansait pas, qui était-il ? Que pourrait-il faire de sa vie ?
Soudain, une angoisse plus profonde le saisit :
Est-ce que j’aime réellement danser ?
Une boule s’installa dans son estomac, remontant dans sa gorge et sa poitrine se serra.
Sa respiration se fit, elle aussi, plus courte.
Il fut heureusement sorti de ce mal-être par l’arrivée de Min-ho qui, lui remarquant une pâleur extrême, lança un « Hey, ça va ? ».
La tension qui l’habitait se dissipa un peu en voyant son lumineux camarade.
Il répondit par un signe de tête affirmatif et lui sourit.
Min-ho s’adossa lui aussi au mur, à côté de William.
À son tour, il se laissa porter par le son du piano.
Ce dernier connaissait Ryosuke depuis quatre ans maintenant, mais était toujours aussi impacté par sa capacité à s’exprimer par la musique.
Il soupira, un sourire aux lèvres, et se tourna vers William :
— Il est incroyable, hein ?
— C’est vrai, lui répondit son ami, tout autant touché et fasciné par le talent du pianiste.
Min-ho reposa sa tête contre le mur et ferma les yeux.
William observa une lueur singulière sur le visage de ce dernier.
Était-ce de la joie ou de la tristesse ?
Après un moment, comprenant qu’il ne serait pas capable d’appréhender ce qu’il voyait, il laissa son ami à ses pensées pour continuer son chemin jusqu’à la salle de danse.
Là, il choisit un morceau qu’il aimait particulièrement puis, se laissant imprégner, commença à danser.
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Le lendemain, après avoir vu le message de Ryosuke lui demandant de le retrouver dans la chambre, William entra dans la pièce.
Tandis qu’il s’approchait du lit de son aîné pour s’installer à côté de lui, il jeta un œil à Lee qui semblait profondément concentré sur quelque chose.
Ce dernier était en train de dessiner un paysage fantastique, duquel émanait une sérénité et une douceur étonnante.
William fut instantanément touché par l’œuvre de son camarade.
Son regard glissa ensuite pour aller s’accrocher au visage de l’artiste, détendu et appliqué, dont les grands yeux innocents semblaient voir un autre monde.
Le dessinateur ne remarqua pas qu’on l’observait, plongé dans son propre univers.
Ryosuke interrompit la contemplation de William :
« Will ? »
À l’évocation du nom de son protégé, Lee eut un léger sursaut et posa ses prunelles noires étincelantes sur lui.
Le rappeur se leva et vint se mettre à côté du danseur, lui posant une main sur l’épaule.
Il détailla le dessin de Lee et commenta :
— Notre « Jeune Lee »est vraiment multi-talentueux, n’est-ce pas ?
— C’est… certain…
La voix de William était voilée par le résidu d’une émotion indéfinissable, alors que son regard restait accroché à celui de Lee.
Lee, toujours un peu dans son monde mais gêné par l’attention qu’on lui portait, détourna le regard.
Puis, pensant devoir se justifier, il dit à mi-voix :
— Le dessin, c’est un peu comme… mon premier amour…
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Son premier amour ?
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William ne comprit pas vraiment ce que cette information venait faire résonner en lui.
Engourdi, il sentit Ryosuke le tirer doucement de ses pensées par une légère pression de l’épaule, pour l’amener à venir s’asseoir sur son lit, afin qu’il puisse lui montrer ce pour quoi il l’avait fait venir.
— Tiens, voici le texte dont on avait parlé, lui dit-il en lui tendant son carnet.
William lut le texte avec intérêt :
— C’est… vraiment incroyable, Ryosuke.
L’expression de ce dernier s’illumina.
— Et bien… notre conversation d’hier soir … tu sais, sur la peur de perdre notre passion pour l’art, ou même de se perdre à travers lui…
Il marqua une pause puis reprit :
— Je crois que cette peur m’habitait depuis longtemps et cherchait un moyen « safe » de s’exprimer…
Il se passa la main dans la nuque, gêné par sa confidence et ajouta :
— J’étais tellement inspiré que je l’ai écrit en quinze minutes à peine…
Le rappeur soupira légèrement et posa un regard admiratif sur le dessinateur.
— On n’a pas tous la chance d’être multi-talentueux comme le gamin ! Si j’arrête d’écrire ou de composer, je ne sais pas ce que je pourrais bien faire de ma vie…
Il fit une pause et reprit, légèrement mélancolique :
— C’est franchement terrifiant de perdre une chose à laquelle on tient comme à sa propre vie… T’en penses quoi, Lee ?
Le jeune homme était concentré sur son œuvre.
Pour toute réponse, il fronça les sourcils, et semblant se parler à lui-même, glissa dans un murmure :
« Je crois que, moi aussi, il y a quelque chose que j’ai peur de perdre… »
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William sentit son cœur se serrer en entendant ces mots et replia ses doigts pour agripper les draps du lit, se sentant étrangement glisser du support, pourtant solide, sur lequel il était assis.
Ryosuke, de son côté, prenait une note mentale de la scène dont il était témoin : les métaphores utilisées par le jeune dessinateur et les réactions corporelles du danseur, laissaient entendre qu’une situation complexe était en train de prendre place au sein de l’équipe B.
Afin d’éviter au malaise ressenti de s’installer, il proposa à William d’aller s’aérer.
Ce dernier, un peu étourdi, l’accompagna volontiers, soulagé d’avoir une raison de sortir de la pièce.71Please respect copyright.PENANAnrsC8CdGZp
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Ils étaient au milieu de la semaine et William commençait à se sentir de plus en plus perdu. Par frustration et honte face aux erreurs répétées qu’il avait faites durant la répétition, il alla se réfugier dans la chambre.
Il n’y pouvait rien, le concept d’« Affirmation de soi » ne lui parlait pas et il avait l’impression de passer son temps à mentir à tout le monde.
Le soir arrivant, Min-ho et Ryosuke avaient tenté, sans succès, de persuader le jeune homme de venir manger, inquiets pour sa santé autant physique que mentale.
Lee croisa l’aîné du groupe qui sortait de la chambre et s’enquit de la décision de leur camarade.
Ryosuke se contenta de secouer la tête et il agrippa le bras du jeune homme quand celui-ci lui indiqua qu’il allait essayer.
— C’est pas une bonne idée Lee, laisse le tranquille.
Lee remarqua que son regard était autoritaire avec une pointe de supplication, ce qui l’irrita.
Défiant son aîné, il se dégagea plus brutalement qu’il ne l’avait anticipé, et alla toquer à la porte de la chambre.
Aucune réponse ne se fit entendre.
— Will ? Je sais que tu es là… Je peux entrer ?
Il entendit quelqu’un s’approcher de la porte mais cette dernière resta fermée.
— Will ?
Toujours pas de réponse.
— Écoute, je sais que tu es contrarié pour tout à l’heure mais il faut vraiment que tu manges, ok ?
La porte s’ouvrit, découvrant le visage fermé du danseur.
— Tu peux me laisser s’il te plaît ?
Lee passa son pied dans l’ouverture de la porte et força le passage pour rentrer.
— Non, je ne te laisse pas seul, j’ai pas envie.
William le regarda entrer, surpris, puis fit un pas en arrière et se détourna de l’intrus.
— Fais comme tu veux… dit-il en s’affalant sur son lit.
Lee, résolu, prit place à côté de lui.
— Ça va si mal que ça ? commença-t-il d’une voix douce.
Pour toute réponse, William haussa les épaules.
— Tu doutes toujours autant de ta valeur à ce que je vois….
La voix de Lee essayait d’être encourageante.
— Je me sens… nul.
— Nul ? Carrément ? Ok… ça arrive… mais peut-être que si on parlait ça t’aiderait à te trouver un peu moins… nul ?
William sourit légèrement à la tournure de la phrase mais il sentait bien qu’une boule était en train de se former au creux de son estomac.
— Je… je ne pense pas avoir ma place ici finalement…
— Hein ? Non ne dis pas ça voyons !
— Je n’ai peut-être pas ma place avec vous…
Lee le regarda, les sourcils un peu froncés, inquiet de voir son ami si mal.
Avec délicatesse, il lui prit la main.
William le laissa d’abord faire, mais ce geste provoqua une tension supplémentaire qui le mit dans l’inconfort.
Il dégagea hâtivement sa main et croisa les bras, empêchant ainsi toute tentative de rapprochement physique.
Son camarade regarda un moment sa main vide, puis serra légèrement le poing.
Il cligna légèrement des yeux pour se recentrer et chercha à reprendre son rôle de grand frère fictif.
— Selon moi, tu as entièrement ta place ici William… Je veux dire… Tu es certainement le plus investi de nous tous franchement. Tu ne t’accordes aucun répit. Même concernant le régime drastique que tu t’obliges à suivre… Je ne sais pas pour les autres mais franchement, moi j’en serai incapable !
William resta silencieux et déglutit pour essayer de chasser la deuxième boule qui était en train de se former dans sa gorge.
— Tu te mets trop la pression sérieusement mec !
La voix de Lee se fit plus forte, teintée d’un léger agacement.
Il regardait William avec intensité, attendant une réaction de sa part.
William avait les yeux fixés au plafond, les lèvres serrées et son mal-être était en train de déborder sur son interlocuteur.
Lee se passa une main sur le visage, et son regard se crispa.
Après un silence, William finit par lâcher un faible « Je ne sais pas » mélancolique.
Légèrement rasséréné par le son de la voix de son ami, Lee reprit alors la parole.
— Tu ne sais pas, mais moi je sais…. Et les autres aussi… et les membres du staff aussi… bref tout le monde sait ce que tu vaux sauf toi !
William jeta un coup d’œil à Lee.
Il était certainement un peu touché par ce que son ami venait de lui dire mais cette attention constante que le jeune homme lui portait continuait de le mettre mal à l’aise.
— Pourtant j’ai l’impression d’être un boulet… pour tout le monde… pour… toi.
Lee sentit l’agacement l’envahir un peu plus.
— Encore ça ? Tu n’es un boulet pour personne Will, et certainement pas pour moi !
William se tut et reporta son regard sur le plafond, les yeux humides.
Son ami se pencha légèrement vers lui, adoucissant sa voix.
— Désolé, c’est juste que… je ne supporte pas de te voir aussi… malheureux...
Sa voix se brisa légèrement.
Il se sentait désemparé, ne sachant comment rétablir le lien entre eux.
William ouvrit la bouche, s’apprêtant à dire quelque chose, mais sembla changer d’avis et retourna à son mutisme.
Lee regardait fixement les traits fins du jeune homme, tentant d’y percevoir un indice.
— Je… commença William. Non… rien…
Lee fronça encore plus les sourcils.
— Rien ?!
Il secoua la tête, clairement pas convaincu, puis, après une hésitation, tendit la main de nouveau afin de lui offrir un geste réconfortant.
— Est-ce que tu veux bien me parler de ce qui te rend aussi triste ? S’il te plaît…
Il fit une pause puis reprit, d’une voix assourdie, légèrement incertaine :
— Il y a autre chose qui t’inquiète, non ?
William secoua la tête.
— Tu ne peux pas comprendre.
Lee inspira profondément, et chercha à ancrer ses yeux foncés dans ceux de William.
Ce dernier sentit l’intérieur de son ventre se resserrer un peu et il serra les poings pour oublier cette sensation.
Lee était clairement tendu, lui aussi, et supportait mal l’attitude de fermeture de son ami.
Il essaya de lui répondre d’ une voix douce, mais ferme.
— Tu ne peux pas savoir si je vais comprendre ou pas ! À moins de me le dire, tu ne peux pas savoir…
Un silence pesant s’installa.
— Je…
Lee pencha la tête vers son camarade, ses yeux cherchant toujours ceux de celui-ci, et attendit nerveusement que William continue sa phrase.
— Je ne suis pas … comme vous, murmura le danseur.
Confus, son interlocuteur cligna des yeux.
— Comment ça, tu n’es pas comme nous ?
— Je ressens des choses… pas comme vous…
Des larmes commencèrent à couler le long de ses joues.
Le silence s’imposa de nouveau entre eux.
Lee était comme paralysé par les mots et par l’émotion de son ami.
Il se tenait là, à la fois proche et pourtant, se sentant tellement loin de lui.
Désarmé, il regarda William changer de position pour lui tourner le dos et mettre fin à une discussion que le danseur savait ne pas avoir le courage d’affronter.
Se sentant à la fois rejeté et impuissant, Lee finit par se lever et sortir de la chambre.
Après avoir fermé la porte, il s’y adossa, sonné par l’épreuve.
Il tenta de faire taire la douleur qui venait de s’installer dans sa poitrine, accentuée par le regard assombri de Ryosuke qui était resté adossé contre le mur à quelques pas de la chambre.71Please respect copyright.PENANAEov7FJ5KUx
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Nous étions à la fin de la semaine et la journée avait été longue.
L’équipe B s’était levée aux aurores pour boucler la chorégraphie, et cela faisait maintenant plusieurs jours que William manquait cruellement de sommeil.
Tout le mettait dans l’inconfort, et le rendait maussade, frustré.
De son côté, Lee semblait faire de son mieux pour ignorer sa présence, ce qui avait partiellement soulagé le danseur.
Mais son camarade passait aussi son temps à coller Min-ho et les idées de William s’embrouillaient à la vue des deux complices.
Les conditions étaient donc réunies pour que ses dernières défenses finissent par s’effondrer.
Après un « conseil » de trop de la part du leader, la réponse houleuse de William éclata et le jeune homme, ne sachant plus comment se contenir, partit à nouveau se réfugier dans la chambre.
Voyant Lee se précipiter à sa suite, Ryosuke et Min-ho le retinrent, expliquant que leur ami était fatigué et qu’il avait certainement besoin de calme.
Le jeune stagiaire fit mine d’écouter, mais se précipita à la suite de William dès qu’il se trouva hors de leur vue.
Il entra dans la chambre, le plus discrètement possible et trouva William debout, adossé dans un coin.
Lee s’approcha avec précaution.
—Hey ! Ça va mieux ? Sa voix était incertaine.
William hocha lentement de la tête pour indiquer que ce n’était pas le cas.
— Je suis … désolé, ajouta-t-il faiblement.
Lee rit légèrement, pensant détendre l’atmosphère.
— Ne t’inquiète pas pour ça. On pète tous les plombs, à un moment ou à un autre...
Il regardait William avec une sincérité tintée de nervosité.
— Et puis personne ne va te juger, on veut juste s’assurer que tu vas bien...
William resta silencieux un instant.
—Je me sens idiot, j’ai l’impression d’être un boulet, encore une fois.
Il sentit la tension dans son estomac augmenter.
— Je ne suis pas fait pour ça.
Lee s’approcha de lui lentement et posa une main sur son épaule.
Les muscles raidis de William faisaient barrière, et le jeune homme ne remarqua pas le contact.
Son camarade reprit :
— On a tous nos moments difficiles... Et puis, on sait bien que tu ne dors pas… Ryosuke nous l’a dit… et Min-ho dit que… que tu ne manges... peut-être pas assez pour tenir le coup...
William resta silencieux mais serra les poings.
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Eux aussi s’inquiètent pour moi…
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— C’est vraiment génial, murmura-t-il.
— Quoi ?
— C’est … vraiment… génial, répéta Will, le visage dur.
De sa main gauche serrée, il donna un coup dans le mur auquel il était adossé.
Le regard de son interlocuteur s’assombrit, ce que William repéra.
Toujours immobile, et dos au mur, il se redressa imperceptiblement, la mâchoire serrée.
— Si tu n’as rien d’autre à me dire, tu peux partir.
Lee cherchait son regard, désirant toujours retrouver le lien qui semblait s’être perdu.
Son camarade releva alors la tête et plongea ses yeux ambrés dans ses prunelles brunes.
Une lueur étrange, un peu folle, semblait brouiller ses yeux clairs.
Il ressentait un désir de violence insensé envers Lee.
Coincé dans ce bouillonnement, il chercha autre chose à faire et donna un coup de pied dans la poubelle se trouvant à côté de son camarade, laquelle s’envola à travers la pièce expulsant son contenu sur le sol.
Lee eut un mouvement de recul, saisi par le geste encore inédit de son ami.
Il resta bouche bée quelques temps puis tenta de reprendre ses esprits.
— Ok…
William regarda le jeune homme ramasser les déchets et remettre le contenant à sa place, incapable de bouger le moindre muscle.
Dépassé par son geste et pris au piège par un mélange d’émotions difficiles à dominer, il se mit à trembler légèrement.
— Hey, hey... Pourquoi tu trembles comme ça, tu as froid ?
Lee se rapprocha à nouveau de son ami, ignorant ce qu’il pourrait faire d’autre.
Ses yeux s’arrêtèrent sur les poings serrés et pris de légers spasmes.
Il attrapa alors les épaules William et le frictionna légèrement, pensant apporter un peu de réconfort.
Mais c’était l’action de trop.
— Laisse-moi… balbutia William.
— Non… Je… Non… Dis moi ce qui se passe William, je ne t’ai jamais vu comme ça… Je…
— Laisse-moi ! explosa William, en se dégageant.
— Et arrête de faire ça ! ajouta-t-il avec colère.
— De faire quoi ?
Lee le regarda hébété.
— Ça ! De venir tout le putain de temps vers moi, de…
— De quoi ?!
Lee le regardait, les sourcils froncés, à la fois agacé et affolé par l’état de son ami.
Ne sachant plus combien de temps il allait pouvoir se contenir, William décida de contourner Lee et il se précipita hors de la pièce, faisant claquer la porte derrière lui.
— DE QUOI ?! cria Lee à la porte qui venait de se refermer sur lui, dans l’incompréhension la plus totale.71Please respect copyright.PENANABhpdFGZ444
Puis, par dépit, il donna, à son tour, un coup de pied dans la poubelle, qui alla heurter le mur d’en face.
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Inquiets de la disparition de Lee et attirés par les cris, Min-ho et Ryosuke, tout juste arrivés au cinquième étage, virent William sortir brusquement de la chambre.
Un regard suffit à ce qu’ils se mettent d’accord : Min-ho partit à la poursuite de William qu’il avait vu se diriger en trombe dans l’escalier de secours, tandis que Ryosuke se dirigeait vers la chambre.
Ce dernier découvrit, un Lee assis dans le même coin que William avait occupé plus tôt, le visage enfoui dans les mains.
Il s’approcha de lui, s’accroupit et enleva doucement une des mains pour voir le visage de son camarade.
— On t’avait dit de le laisser tranquille.
— Je sais, murmura Lee, mais…71Please respect copyright.PENANAulD68Og45S
— Mais tu ne peux pas t’en empêcher hein ? D’aller vers lui…
Ryosuke s’arrêta là, par peur d’en dire trop dans une situation qu’il avait de plus en plus de mal à appréhender.
Lee leva des yeux brillants vers son ami qui lui répondit avec un visage mystérieux, cachant avec peine sa propre inquiétude.
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Min-ho dévala les escaliers à la recherche de son camarade de chambre.
— William ? Appela-t-il.
Sa voix résonna dans la cage d’escalier mais aucune réponse ne se fit entendre.
Tout revint à William, alors qu’il se cachait dans un coin de la cage d’escalier, complètement essoufflé.
Les émotions et sentiments mis de côté, enfouis sous une couche énorme de « je l’admire tellement », « je voudrais être comme lui », « son sourire », « son rire », « non », « ça va passer ».
Il avait tenu bon.
Il pensait avoir été soulagé de pouvoir finalement intégrer Sevenfold.
Mais tout avait été si chaotique depuis.
Pourquoi Lee s’était-il imposé dans sa vie, en faisant preuve d’une chaleur et d’une attention qu’il savait ne pas mériter.
Pourquoi avait-il fallu qu’il lui paraisse si parfait ?
Tout, dans la relation avec Lee et dans ses expériences durant le Survival, le ramenait à ce qu’il avait pourtant toujours essayé de fuir.
Désespérément, il tenta de refouler l’anarchie émotionnelle qui le saisissait, tout en reprenant sa respiration.
L’ensemble de ses souvenirs se mélangea alors, passant de Lee, à sa propre peur de décevoir, le désir d’abandonner la danse classique, les disparitions de personnes chères à son cœur, les cris de ses parents se disputant sans cesse…
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Je te déteste tellement.
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Les émotions affluaient et William savait qu’il n’était plus capable de les gérer.
Brutalement, il se sentit comme déchiré de l’intérieur, et une angoisse indescriptible le submergea.
Se laissant glisser au sol, il se recroquevilla sur lui-même, tentant désespérément de garder un contact avec le monde physique.
Mais son cœur s’était accéléré d’une manière inquiétante, et semblait même vouloir sortir de sa poitrine.
À cela s’ajoutait une pression monstrueuse qui lui donnait l’impression de bloquer sa respiration.
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Qu’est-ce qui m’arrive ?
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Quand Min-ho aperçut enfin son ami, il le découvrit en boule sur le sol et comprit instantanément ce qui était en train de lui arriver.
Il s’empressa de le rejoindre, et lui toucha l’épaule pour lui signifier sa présence.
— Regarde-moi William ! lui commanda-t-il en prenant son visage dans ses mains.
William ouvrit péniblement les yeux, incapable de bouger le moindre muscle.
Lee et Ryosuke accoururent peu après et les deux jeunes hommes retinrent leur souffle en découvrant la scène.
— Qu’est-ce qu’il a ?! s’écria le plus jeune en se précipitant vers ses deux camarades.
Min-ho l’arrêta d’un geste vif.
— Pas maintenant Lee, dit-il d’un ton brusque. Il est en train de faire une crise d’angoisse.
Il se tourna à nouveau vers William et lui parla doucement, l’entourant de gestes réconfortants.
Lee recula légèrement.
La vision de la scène avait provoqué une douleur qui écrasait sa poitrine et paralysait ses pensées.
Le temps s’étira en ce qui parut être une éternité pour tout le monde.
Quelques minutes s’étaient écoulées quand William sembla se calmerpeu à peu.
Le regard de Ryosuke, restait accroché à ce qui se déroulait.
Il observaitMin-ho prendre soin de William, tout aussi bouleversé pas la situation.
Puis ses yeux se détournèrent un moment pour s’attarder avec appréhension sur Lee.
Le jeune homme était appuyé contre le mur avec un visage fermé et le regard flou, les phalanges blanchies par ses poings verrouillés.
Il s’approcha lentement vers ce dernier, lui mit péniblement la main sur l’épaule et lui fit un signe de la tête aspirant à être réconfortant.
Lee ne leva pas les yeux vers lui, ne pouvant détacher son regard de William.
Ryosuke soupira et se recula en fronçant légèrement les sourcils, comprenant que des non-dits devraient rapidement être révélés.
Il jeta de nouveau un œil à Min-ho et William, puis prenant note du fait que le leader avait géré la situation avec une assurance impressionnante, il remonta discrètement à l’étage, les épaules basses.
Pendant ce temps, Min-ho s’était écarté de William, mais lui tenait les deux mains et restait silencieux le temps que ce dernier reprenne une respiration complètement normale.
William, les joues baignées de larmes, finit par prendre enfin une grande inspiration.
— Ok, dit Min-ho en souriant chaleureusement. T’as de la chance que je sois un expert en matière de crise d’angoisse mon pote.
William hocha la tête en balbutiant un « oui » à peine audible.
Min-ho passa son bras sous les épaules de son camarade pour l’aider à se relever et vint l’asseoir sur la première marche de l’escalier.
Il jeta un coup d’œil furtif à Lee, toujours appuyé contre le mur et serra les lèvres.
Le leader n’était pas certain de vouloir les laisser seuls mais il sentait aussi que la crise ne pourrait pas se résoudre si Ryosuke et lui passaient leur temps à interférer.
Il resta encore un moment aux côtés de William puis, voyant qu’il s’était complètement calmé, il se releva lentement et s’avança vers Lee, toujours adossé au mur.
Après une inspiration, il essaya de prendre un ton bienveillant avec une pointe d’autorité :
— Si tu me promets d’y aller mollo, j’accepte que tu restes avec lui un moment, ok ?
Lee acquiesça, sans oser lever les yeux vers un Min-ho clairement agacé.
L’aîné s’accroupit, se mettant ainsi à la hauteur de William, toujours assis sur la marche.
— Tu penses que je peux te laisser avec l’affreux ?
Il lui fit un clin d’œil complice.
— Oui, répondit William, d’une voix affaiblie par l’ouragan émotionnel qu’il venait de combattre. Il reprit une grande inspiration, et esquissa un sourire comme pour attester de sa réponse.
Min-ho, partiellement rassuré, se redressa.
Il savait que certaines choses allaient devoir se régler rapidement pour le bien de tous mais il pensait en avoir assez fait pour le moment.
Le leaderjeta un dernier regard sévère à Lee et se décida à gravir les marches de l’escalier.71Please respect copyright.PENANAUH9xglt9PN
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S’y sentant enfin autorisé, mais un peu désarmé, Lee se rapprocha enfin de William.
Il s’assit à côté de ce dernier et tourna un regard intimidé vers lui, toujours en proie à un certain malaise.
Un sourire hésitant, malgré le brouillard émotionnel qui l’habitait encore, permit à William d’indiquer à son ami qu’il approuvait sa présence.
Rasséréné par cet effort, Lee passa craintivement son bras autour des épaules.
Il ne dit rien, puis, voyant que son geste avait été accepté, il caressa son dos avec tendresse, laissant à William le temps d’assimiler ce qu’il venait d’endurer.
Lee avait perdu tout repère durant les dernières minutes et l’impuissance ressentie l’avait laissé dans un flou sensoriel et émotionnel jamais ressenti jusqu’à ce jour.
Il lui fallut quelques temps pour retrouver ses marques et savoir quoi faire, autant pour lui que pour son ami.
Au bout d’un certain temps pourtant, une impulsion le décida à l’enlacer complètement.
William sentit que son camarade le maintenait fermement contre lui, comme s’il refusait de le lâcher.
Les deux jeunes hommes restèrent un long moment dans cette position, dans un silence essentiel.
La tension qui paralysait encore le corps de William diminua lentement et ses poings se desserrèrent complètement.
Peu à peu, il se laissa aller à se lover dans la chaleur des bras de Lee.
Sentant son ami se détendre un peu, l’autre relâcha légèrement son étreinte et prit une profonde inspiration, soulagé que ses propositions de soutien physique aient été validées.
Il déplaça ensuite légèrement sa main pour essuyer une trace de larme sur la joue de William, avec son pouce.
— Ça va ? demanda-t-il doucement, la voix rauque d’émotion et le regard encore plein d’inquiétude.
William fit un signe de tête affirmatif et prit à nouveau une grande inspiration.
Par imitation involontaire, Lee inspira une nouvelle fois, rassuré par la réponse, et déposa un baiser sur le front blanc de son ami.
William ferma les yeux et se blottit un peu plus contre lui, attrapant un pan de son hoodie.
— Repose toi un peu, lui murmura Lee, le berçant doucement.
Il lui caressa les cheveux, essayant de le réconforter davantage.
Blotti contre son ami, William put percevoir le battement du cœur et la respiration de Lee.
Il se sentit envahi d’une vague de chaleur apaisante.
De temps en temps, Lee le serrait un peu plus, comme pour lui rappeler qu’il était toujours là.
Au bout de quelques instants encore, William redressa légèrement la tête et son regard ambré rencontra les yeux noirs de Lee.
L’espace d’une seconde, ils eurent l’impression de se voir pour la première fois.
Lee eut la respiration coupée par ce qu’il semblait venir de découvrir, et ses yeux s’agrandirent légèrement, émerveillés.
Il regardait William intensément, étudiant son expression, et il se sentit happé par la beauté fragile de celui-ci.
— Salut...hésita-t-il à voix basse.
Ses yeux clairs ne pouvant se détacher de ceux de son ami, William se redressa encore un peu pour pouvoir lui faire face.
Une nouvelle tension prit place dans son corps, plus chaude, légèrement électrisante.
Lee le regardaittoujours minutieusement, se redressant légèrement pour suivre son mouvement.
Il gardait son étreinte, prêt à soutenir Will s’il en avait besoin, ou peut-être, par crainte qu’il ne disparaisse.
Immobile, il attendait patiemment que son ami soit prêt à parler.
— Je… suis… désolé… dit faiblement William, sans vraiment savoir pourquoi.
Sa poitrine se serra instantanément en s’entendant dire ces mots et son regard se perdit dans les yeux foncés, doux et chaleureux de son ami.
En entendant ces mots, Lee plissa le front et il secoua la tête :
— Tu n’as pas à être désolé, Will…
William se redressa encore un peu, se dégageant de l’étreinte, et approchamachinalement sa main gauche du bras droit de son ami.
— Non… je…
Il attrapa le bras de son ami avec douceur.
— … Suis désolé…
Grâce à ce mouvement, Lee se sentit imperceptiblement entraîné vers William..
Un peu confus, il observait toujours son visage attrayant.
— Pou… pourquoi ? balbutia-t-il, tandis qu’il sentait une légère palpitation prendre place dans son ventre.
Tenant l’épaule de William, il la pressa légèrement, comme pour le rassurer, n’étant lui-même plus très certain de ce qui était en train de se jouer.
Sans vraiment le vouloir, William approcha son visage de celui de Lee, et son regard glissa lentement pour aller se fixer sur ses lèvres.
— Je… suis…
William sentit la tension augmenter au niveau de son ventre et un sentiment d’urgence l’envahit.
La respiration de Lee se bloqua légèrement et une chaleur le submergea soudainement à son tour.
Il s’était figé, attendant de voir ce qui allait advenir.
— … désolé.
Le visage de William était maintenant tellement proche qu’il pouvait sentir le souffle court de son ami.
Les yeux de Lee s’écarquillèrent quand les lèvres de William et les siennes se frôlèrent, et une explosion de chaleur l’envahit.
Au lieu de s’écarter, il ferma les yeux, sentant son cœur battre plus vite, au moment où leurs lèvres se rencontrèrent enfin.
L’étonnement passé, il prit une inspiration et réduisit l’espace entre eux, cherchant inconsciemment plus de contact.
Alors, se sentant autorisé à poursuivre son mouvement, William glissa sa main droite dans le cou, près de l’oreille légèrement rougie de son ami.
Un frisson parcourut la nuque de Lee mais il ne recula pas.
Il était tout entier concentré sur l’instant, sentant son pouls battre dans ses veines.
Le baiser jusque-là timide de William, se fit plus assuré.
C’est à cet instant que Lee y répondit, conscient de son propre désir, ses lèvres bougeant contre celles de William avec délicatesse.
Un petit son étouffé s’échappa de sa gorge, trahissant son émotion, et il resserra son étreinte pour s’accrocher à lui.
Le monde sembla suspendre son souffle, les non-dits disparaissant instantanément, puis les secondes s’échappèrent tandis que le baiser inespéré se prolongeait.
L’instant irréel fut cependant rompu par une réalité surgissant brutalement.
Des voix, d’abord lointaines, résonnant dans la cage d’escalier se firent alors entendre.
William sembla s’éveiller d’un rêve en sursaut et abandonna les lèvres de Lee en se reculant, effrayé.
Prenant conscience de son action irréfléchie, il se leva d’un bond et monta les escaliers quatre à quatre, laissant là, son ami abasourdi, les yeux grands ouverts comme s’il venait lui aussi, de s’éveiller brutalement un doux rêve.71Please respect copyright.PENANA0mKFNv90mr
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De retour au cinquième étage, Min-ho trouva Ryosuke dans la cuisine et se dirigea vers le réfrigérateur près duquel le rappeur était en train de boire un verre d’eau, pensif.
Voyant son camarade approcher, Ryosuke se redressa un peu et lui fit un signe de la tête.
— Hey… dit Min-ho, tu me sers à boire, stp ?
Ryosuke s’exécuta et tendit un verre à son ami.
Il l’observait, légèrement anxieux.
— William va mieux ? finit-il par lui demander.
— Mais oui, ça baigne…
Min-ho était épuisé par ce qui venait de se passer mais semblait résolu à rester lui-même.
Ryosuke ne le quittait pas des yeux.
— Tu crois que… ça va s’arranger… pour eux ?
Min-ho haussa les épaules.
— L’avenir nous le dira…
Le rappeur réfléchit un instant puis ouvrit la bouche, pour se raviser.
Il continuait d’observer son ami, un air mystérieux sur le visage.
Un peu agacé par le regard appuyé, Min-ho finit par lui demander ce qu’il voulait.
Après une hésitation, Ryosuke remarqua :
— Tu as été assez impressionnant avec William.
Il plissa le front, concentré, puis continua.
— Comment tu as su qu’il faisait une crise d’angoisse ? Il en a déjà fait quand vous n’étiez que tous les deux ?
— Ah ça ? Non, non, c’était la première fois qu’il en faisait une…
Ryosuke hocha la tête et croisa les bras.
— Et donc ? Comment tu as su ce qu’il fallait faire ?
Il parcourait le visage du leader à la recherche d’un indice.
Min-ho, lui répondit, le plus légèrement possible.
— Tu ne savais pas encore à quel point j’étais exceptionnel ? Aaah tu me déçois ! s’exclama-t-il en s’étirant.
Ryosuke continuait de fixer un regard interrogateur sur lui, ce qui commençait à le mettre mal à l’aise.
— Pourquoi tu me regardes comme ça ? J’ai rien fait de mal il me semble !
— Réponds à ma question, s’il te plaît.
Min-ho soupira avec exagération.
— C’est pas grand-chose j’ai juste l’habitude, c’est tout.
Il se passa les deux mains sur le visage et frotta un peu, cherchant inconsciemment à échapper au regard de son ami.
— L’habitude ? De gérer des crises d’angoisses ?
— Oui j’ai, enfin, j’avais l’habitude…
— Tu ne m’as jamais dit que quelqu’un dans ta fratrie faisait crises d’angoisses, pourtant tu me parles de tes frères et sœur tout le temps.
Ryosuke insistait, résolu à faire parler son ami.
— Tu vas pas lâcher l’affaire hein ? demanda Min-ho, sachant très bien qu’il n’échapperait pas à la détermination légendaire du « Grand Frère ».
Ryosuke montrait effectivement une attitude de fermeté, bras toujours croisés, sourcils légèrement froncés.
Min-ho lui jeta un regard en biais et expira à nouveau exagérément.
— T’es chiant quand tu t’y mets ? Tu veux savoir quoi au juste ? Que c’était moi qui faisais des crises d’angoisses parce que mon père s’en prenait à moi dès qu’il daignait se montrer à la maison étant donné que j’étais trop « bizarre » pour lui ? Ça t’avance à quoi de savoir ça hein ?
Min-ho afficha un visage étrange, que Ryosuke ne lui connaissait pas.
Un mélange d’agacement, de froideur, et peut-être même... de peur ?
Un peu choqué, il réfléchit à la conduite à tenir face à cette confidence.
Le rappeur décroisa les bras et se rapprocha de lui avec hésitation, sans savoir s’il pourrait trouver un moyen de le réconforter.
Seulement, Min-ho était fragilisé par ce qu’il venait de révéler de son passé, et il eut un mouvement de recul quand Ryosuke s’approcha de lui, prenant l’attitude de son ami pour de la pitié.
Avec un rictus, il lui lança :
— Tu me trouves minable ?
Ryosuke s’immobilisa, déstabilisé par sa réflexion.
— Comment je pourrais te trouver minable, Min-ho ? C’est... stupide…
—Ah bon ? Je suis stupide alors ? Haha !
Ne sachant pas quoi faire d’autre, Ryosuke l’attrapa par les épaules, plus fermement qu’il ne l’avait imaginé et chercha à fixer son regard dans le sien.71Please respect copyright.PENANAx9aJo7omVb
— Je suis désolé que tu aies eu à subir ça Min-ho…
Il le tira alors vers lui pour le prendre dans ses bras et répéta, dans un murmure :
— Je suis vraiment désolé, Min-ho.
Le leader n’eut d’autre choix que de se laisser faire, incapable de réagir à cette situation aussi inhabituelle qu’inattendue.
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La dernière épreuve du mois arriva en un rien de temps.
L’ambiance au sein de l’équipe B était étonnamment studieuse.
Un consensus silencieux s’était installé et ils étaient concentrés sur le travail.
Malgré tout, Min-ho et Ryosuke, avaient remarqué que le regard de Lee était inlassablement fixé à la silhouette de William, tandis que ce dernier offrait une attitude polie et extrêmement appliquée dans tout ce qu’on lui demandait.
Durant l’épreuve de groupe, Min-ho ne put s’empêcher de noter que William faisait son possible pour ne pas pénaliser ses camarades, mais qu’il n’était pas autant investi pour lui-même.
Avant son passage pour l’épreuve individuelle, il vint vers lui et lui demanda simplement:
— Tu vas bien ?
— Oui, ça va.
William lui avait répondu avec une assurance qu’il ne lui connaissait pas.
Min-ho analysa le visage de son ami.
Il finit par hocher la tête.
— Tu arrêtes, c’est ça ?
Le plus jeune se leva et prit chaleureusement Min-ho dans ses bras.
— Je te souhaite le meilleur pour la suite, Min-ho et merci… merci pour tout…
Tandis qu’il regardait le jeune homme s’avancer une dernière fois devant le jury, Min-ho comprit que son ami avait certainement pris la meilleure décision pour lui-même.
Après l’annonce des douze sélectionnés, incluant les trois camarades de l’équipe B, ces derniers tombèrent en larmes dans les bras des éliminés, à la fois tristes de les voir partir, et soulagés d’avoir passé la première étape.
Lee avait évidemment remarqué l’absence de William dès l’annonce, et il s’échappa du groupe dès qu’il en eut la possibilité, pour se précipiter au cinquième étage.
Arrivé dans la chambre de l’équipe B, il regarda désespérément autour de lui, à la recherche d’un signe de présence du jeune homme.
Rien.
Il n’y avait plus rien à part un lit parfaitement fait.
Ryosuke et Min-ho arrivèrent à leur tour dans la chambre.
Voyant le visage défait de son ami, et se sentant lui-même dépassé par le départ précipité du danseur, Ryosuke s’avança vers lui et se contenta de l’informer :
— Il a préparé ses affaires avant l’épreuve. Il est parti tout de suite après l’annonce… Désolé.
Il soupira, cherchant à faire disparaître la sensation d’inconfort qui s’était installée en lui, mit ses poings dans ses poches, et retourna près de Min-ho.
Les deux aînés échangèrent un regard triste et sortirent de la chambre sans bruit.
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Se retrouvant seul au monde, Lee sentit une douleur lui déchirer la poitrine.
Son corps, d’ordinaire si vif, était paralysé, tandis que les premières larmes glissaient sur ses joues innocentes.71Please respect copyright.PENANAuL99DICsP8


