Chapitre 4
Après plus d’1h30 à fouiller, j’étais sûr de deux choses : la richesse de cet endroit était incommensurable, et il n’y avait aucune bibliothèque. Pourtant, j’en étais sûr, cela paraissait logique qu’il y en ait une. Mais visiblement non.77Please respect copyright.PENANAhcMJF4AcLJ
Et vu la fatigue qui devenait de plus en plus lourde, j’avais l’impression qu’on me regardait dans chaque coin de pièce que je trouvais.
Je repartis donc dans la chambre, épuisé, et m’affalai sur le lit. Je sentis la fatigue monter si fort que je m’endormis sans même enlever mes chaussures.
Deux heures plus tard
Je me réveillai en sursaut. Je ne sais pas si c’était dans mon rêve, mais le bruit qui me réveilla était si fort qu’il aurait presque pu me provoquer une crise cardiaque.
En me redressant, je vis une ombre devant moi, statique, comme si elle me regardait. J’étais pétrifié par la peur et j’essayai de rationaliser en regardant autour de moi, pour voir s’il ne s’agissait pas simplement d’une ombre. Pourtant, après quelques secondes, j’entendis une voix provenant de cette même silhouette.
— Il y a bien longtemps qu’aucun humain ne s’était aventuré ici !
Sa voix était si grave que je n’arrivais plus à bouger.
— Qui êtes-vous ? Et que me voulez-vous ? dis-je.
Il continua sans faire attention à ce que j’avais dit.
— Les seules personnes qui sont venues sont reparties très rapidement. Le reste est mort.
— Qu… qu’est-ce que vous êtes, au juste ?!
— À ton avis ? Penses-tu réellement qu’un humain aurait cette apparence ?
— Je refuse de croire quoi que ce soit ! Je suis juste dans un rêve et je vais bientôt me réveiller !
— Fais comme tu veux, mais sache que dans moins de deux heures, je te chasserai si tu ne sors pas de ton gré.
Je me mis en boule sous ma couette et fermai les yeux de toutes mes forces. Mais à peine quelques secondes plus tard, je sentis qu’une masse s’était formée à côté de moi. Bien évidemment, c’était cette chose. Je sentis ses yeux me transpercer à travers la couette, et une vague de frissons se répandit dans tout mon corps.
Après quelques minutes, l’agacement commença à me monter au cerveau. Impossible de fermer l’œil, et ces yeux qui me fixaient n’arrangeaient absolument rien.
— Vous pouvez arrêter de me regarder ? dis-je.
— Pourquoi donc ?
— Parce que ça devient flippant, on dirait un vieux pervers !
— Qu’est-ce que veut dire « flippant » ?
— Comment ça ? Vous ne savez pas ce que ça veut dire ? Ce n’est pas comme si le mot venait d’un siècle en arrière !
— …
(Un soupir sortit de ma bouche.)
— Ça veut dire que c’est terrifiant.
— Oh… donc effroyable.
— Pardon ?
— Cela veut dire effroyable.
— D’accord, grand-père. Maintenant, laissez-moi dormir.
— C’est vous qui avez commencé à gloser.
— Gloser ?
— Oui.
Je me redressai d’un coup.
— Bon, imaginons que vous soyez vraiment un « fantôme ». Vous venez de quelle année, au juste ?
— XVIIIᵉ siècle.
— Oh… donc je suppose que vous êtes un des maîtres de cette maison.
— En effet, c’est bien cela.
— (Je rigole) Qu’est-ce que je peux rire…
— Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle.
— C’est simple, ce sont vos stupidités à croire que je vais gober ça. Attendez… comment on disait dans votre siècle ? « Croire naïvement quelque chose ».
— Le mot « gober » existait déjà. Et je ne vois pas pourquoi je vous mentirais.
— Je ne sais pas, peut-être pour essayer de m’impressionner ?
— Si vous êtes déraisonné, je n’ai que faire de cela.
Il se leva doucement.
— Il vous reste une heure. Je vous laisse vous préparer pour sortir de ma demeure.
Il traversa la porte comme si elle n’existait pas, et je ne pus m’empêcher de penser :77Please respect copyright.PENANAWVwPh8xZxO
Et si ce n’était pas un rêve ?77Please respect copyright.PENANA7sZjJaOAcG
Pour le savoir, je n’avais qu’une chose à faire… me rendormir pour en avoir le cœur net.


