J’étais en cours de mathématiques. Tout se passait bien. J’écoutais, des lignes de fractions écrites sur la feuille qui gisait sur ma table.
Je ne dormais pas. Un miracle. Mes paupières devenaient lourdes, je les rouvraient. Je savais pourtant que je n’aurais pas du me coucher aussi tard. Je le savais, mais ça ne m’avait pas empêché de le faire.
Les paroles de la professeure me berçaient légèrement, je voyaient distraitement quelques élèves passer au tableau, prendre la craie, rester devant la surface blanche comme des PNJ de jeux vidéos attendant qu’on accepte leur quête
Je précise avoir écouté depuis le début du cours, supporté les tentations du diable me poussant à la sieste. Mais j’avait tenue, aussi fière qu’un grimpeur en haut de l’Everest pour la première fois. Comparaison plus proche que ce que l’on pense, car cela devait être la première fois que j’écoutais ainsi au collège lorsqu’un adulte parlait.
Au bout d’un moment, je céda et me perdis dans mes pensées, dans le monde que je me crée dans ma tête. Et c’est là que ça eu lieu. La professeur, qui jusque là ne m’avait même pas adressée un regard, appela mon nom.
« Tu veux bien répondre à la question que *** vient de poser ? »
Trahison. Je ne savais pas de quoi elle parlait. Je resta immobile, la bouche entrouverte comme un poisson qui attendait qu’on le tue. Une amie me jeta un regard, mais ce fut pour m’adresser un sourire moqueur, un rire étouffé, et se retourna.
J’était seule. Je regarda le tableau. Je vis deux exercices commencés. Les deux sur les fractions. En voyant la question posée sur le premier, je répondis au tact-au-tac.
« Il faut mettre les deux dénominateurs identiques ? »
Une chance sur deux que ce soit cet exercice là. Autant de chance que si je jouait à pile ou face avec ma pièce fétiche. Et ma bonne étoile à décidé de s’éteindre.
Ce n’était pas ça. Je reçu un regard de réprimande de ma geôlière, et elle demanda, le plus innocemment possible après avoir détruit la dignité d’une jeune fille en une seule question :
« Qui peut donc aider Elise ? »
Et le pic de cette humiliation arriva : ce fut le plus mauvais élève du cours qui répondit, sans aucune erreur, afin de me porter le coup de grâce.102Please respect copyright.PENANAZqr0tpwzl2


