Chapitre 7
Je fus enfermé dans un de ces cachots. L'odeur des corps en décomposition et du sang des personnes torturées était nauséabonde, mais je n'en avais rien à faire. J'étais toujours en colère de ce qu'il avait dit. Il ne connaissait rien à ma vie et venir me la prendre car je lui avais juste dit la vérité était odieux ! Mais bon, la seule vérité que je voyais était que j'allais mourir bien plus tôt que ce que je le pensais…
Un homme à côté de moi et qui était salement amoché par les tortures qu'il avait vécues me regardait avec un sourire (si on peut en appeler un, car la moitié de sa bouche était arrachée). La seule chose que je pouvais faire était d'attendre mon sort, même si je savais pertinemment que cet abruti allait venir se venger.
7 heures plus tard
J'avais faim, mais aucune torture ne m'était infligée. Je sais que 5 heures en arrière, un valet était venu parler au bourreau et qu'il m'avait regardé dans les yeux en acquiesçant. Évidemment, c'était sûrement un ordre de l'autre salaud qui devait dire que ce serait lui qui me torturerait. Mais vu le temps que j'attendais, je pensais que j'allais mourir de faim avant qu'il n'arrive.
Je m'assoupis pendant je ne sais combien de temps. La seule chose que je sais, c'est qu'en me réveillant, je vis le bourreau ouvrir la cage et à côté de lui il y avait l'abruti qui avait sa joue rouge due à l'impact de mon poing contre sa figure. Toute ma colère qui me restait partit d'un coup dans un grand sourire. Au moins, il ne m'oubliera pas de sitôt.
Je me fis escorter dans une salle de bain tamisée dans le noir. La seule chose qui éclairait la pièce était des bougies sur les rebords de la baignoire. Un valet me déshabilla de force et me jeta à l'eau. Il sortit sans un bruit et me laissa seul. L'eau était bonne et les bougies donnaient un style apaisant qui me fit me détendre.
Malheureusement, ce silence et ce moment de détente ne durèrent pas longtemps. La porte s'ouvrit lentement et ce salopard que j'avais tapé il y a moins de 10 heures était dressé devant moi.
— Qu'est-ce que vous me voulez ? (dis-je) Vous ne voyez pas que je me ressource ?
— La vérité vous blesse-t-elle, ou êtes-vous simplement d'un tempérament colérique ?
— En quoi ça vous regarde ?
— Vous m'avez porté la main devant toute la cour, fait enfermer dans un cachot, et vous continuez de me traiter ainsi ? J'aurais dû confier votre châtiment au bourreau plutôt que de faire preuve de clémence.
— Tu parles d'une clémence. Lâche-moi la grappe et pars pour pas que je t'en remette une.
Il s'assit sur le bord de la baignoire.
— Je me suis retenu la première fois, car il eût été indigne de ma personne de vous châtier devant tant de témoins. Mais soyez averti : si vous récidivez, je vous ferai supplier sur l'heure, en ce lieu même.
— Oh non (dis-je d'une voix stupide et enfantine), j'ai trop peur, Monsieur, ne le faites pas !
— Vous vous croyez drôle ? Car vous n'êtes que ridicule en cet instant même.
— Et toi, tu te crois plus fort que moi ? T'es pathétique, mec, lâche-moi maintenant !
Comme s'il ne m'avait pas écouté, il lança un tout autre sujet :
— Au fait, sauriez-vous me dire ce que sont ces objets que j'ai découverts dans ma chambre ? Leur usage m'échappe totalement.
— Ce sont des caméras, des appareils photo et un PC, mais je vois pas pourquoi vous les avez touchés.
À ce moment-là, je compris que j'avais laissé mes objets seuls à la portée du premier domestique qui n'y connaissait rien. Je m'imaginais les voir les prendre brutalement ou les laisser tomber car il ne ferait pas attention. Le nombre d'heures sup que j'ai fait dans mes petits boulots pour acheter ces appareils pouvait voler en éclat à n'importe quel moment et il fallait que je parte les récupérer avant qu'il ne soit trop tard. Cependant, l'autre abruti ne bougeait pas même après m'être levé.
— Poussez-vous, je dois aller récupérer maintenant.
— Pourquoi vous montrez-vous dénudé de la sorte devant moi ? N'avez-vous plus aucune pudeur dans le présent ?
— J'en ai rien à faire, reculez.
En essayant de le pousser pour sortir, je glissai et retombai dans la baignoire en l'emportant avec moi. Toutes les bougies s'étaient éteintes sauf une à cause des éclaboussures de la chute et un blanc se fit ressentir quand nous nous sommes regardés dans les yeux. Je sentis mon cœur battre la chamade car, en plus de son visage mouillé, sa chemise était trempée et laissait transparaître son corps musclé.
Plus les secondes passaient, plus je sentais nos visages se rapprocher et dans un moment de stress, je plongeai mon corps entier dans l'eau. En espérant qu'il parte le plus vite possible, mais au lieu de sortir, il plongea sa tête dans l'eau et nos lèvres se frôlèrent. Après un instant, je sentis nos lèvres s'embrasser vigoureusement et en sortant nos têtes de l'eau, le baiser était encore plus fort.
Mon cœur battait tellement fort que je crus qu'il allait exploser. Ses mains frôlaient mon corps avec tant de délicatesse que ça ressemblait presque à des chatouilles. Mes bras étaient autour de son cou et je ne pouvais plus réfléchir. Chaque pensée rationnelle avait disparu, remplacée par cette sensation électrique qui parcourait ma peau. L'eau autour de nous semblait bouillir tant nos corps dégageaient de chaleur.
Il s'éloigna légèrement, nos fronts se touchant, nos respirations saccadées se mêlant dans l'air humide. Ses yeux plongés dans les miens, il se redressa d'un coup comme s'il avait compris qu'il avait fait la plus grosse erreur de sa vie.
Il se recula et sortit de la baignoire d'un coup sec et son regard qui était doux il y a à peine 1 minute se transforma en regard de dégoût et de colère.
— COMMENT OSEZ-VOUS ?!
— Hein, de quoi tu parles ?
— Vous avez fait exprès de me tenter pour parvenir à vos fins ! Qui vous a envoyé ?! Lucifer ?!
— Quoi, mais non !
— Fourbe ! Seul Satan peut faire croire qu'une telle abomination soit un plaisir ! Voilà l'un des péchés les plus odieux qui existent, et j'ai toujours veillé à condamner ces créatures au bûcher !
— Attends, tu brûles des hom...
— Des dépravés !
— Wow, wow, wow ! Déjà, être homo n'a rien de bizarre, ok ? C'est pas toi qui le choisis et c'est encore moins un péché. Le seul péché, c'est de tuer des personnes pour leur attirance romantique envers une personne du même sexe !
Son regard était meurtrier.
— Partez…
— C'est ce que je devais faire à la base, m-
— PARTEZ ! Vous n'êtes qu'un messager du Malin venu me corrompre !
Il recula d'un pas, puis d'un autre, comme si ma simple présence pouvait le contaminer. Ses mains tremblaient, non plus de tendresse mais de rage et de terreur.
— Puisque je te dis la vérité !
— SILENCE ! (hurla-t-il) Chaque mot qui sort de votre bouche est empoisonné ! Vous avez utilisé quelque sorcellerie pour... pour faire naître en mon cœur...
Il ne finit pas sa phrase, incapable même de nommer ce qui s'était passé entre nous. Il sortit de la pièce en claquant la porte tellement violemment que ça fit trembler mes tympans.
Je me dépêchai de sortir de la salle de bain et me rendis vite dans sa chambre pour récupérer mon matériel et en essayant d'oublier ce qui venait de se passer….
Après avoir regardé s'il n'y avait pas de garde, je récupérai mes affaires et sortis en précipitation. Mais en essayant de partir sans un bruit, j'entendis des gémissements provenir d'une des chambres…
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